Qui suis-je ?
- PB
- 21 janv.
- 2 min de lecture
Je mesure 390 m de long et 33 de large, au sein d’un édifice qui en fait 750.
Anaïg est la meilleure guide pour me raconter, je vous souhaite de la rencontrer.
Je dois ma construction à Albert Caquot, entre autres, qui a aussi conçu la structure en béton armé du Corcovado au Brésil.
J’ai été inaugurée le 26 novembre 1966 par le général de Gaulle lui même
Le jour J, un ingénieur a bidouillé derrière le tableau de commandes pour donner l’illusion de ma pleine capacité.
Je comptais alors quatre blocs de production, dont un seul en fonction, soit 10 MW de puissance, pas fou fou encore.
Je ne sais plus pourquoi Charles est venu si tôt car il a fallu attendre fin 1967 et six ans de construction pour que je fournisse enfin mes 240 MW.
J’ai été la première au monde et suis restée la plus puissante jusqu’en 2011, même si ça ne s’est joué qu’à 15 MW ; depuis, j’en ai d’ailleurs gagné 5.
J’avoue et j’en suis peu fière, il a fallu 10 ans pour que la faune redevienne ce qu’elle était avant ma construction.
Il est vrai que le cours de l’estuaire sur lequel je repose a été stoppé pendant trois ans, grâce à la pose ingénieuse de blocs cylindriques hauts de 30 mètres, baptisés… caquots.
Grâce à moi, les habitants des deux rives ont gagné un temps fou pour se rejoindre et c’est mon ingénieur préféré, Albert, qui a emprunté la route le premier, à... 80 ans !
Je suis de fabrication française, mais aujourd’hui il faut aller en Italie pour changer mes pales et en Corée du Sud pour mes alternateurs, pays de ma grande rivale. Je suis bien triste de ce savoir-faire perdu…
Capable de turbiner jusqu’à 6300 m3/s, j’alimente l’équivalent d’une ville de 225 000 habitants. Mon électricité se disperse au sein du réseau EDF, qui est mon concessionnaire jusqu’en 2043.
Les quatre pales de mes 24 turbines mesurent 5,35 m et sont orientables pour que je fonctionne à marée descendante et montante. Pour cela, je reste unique au monde…
On m’a posée là, entre les pointes de la Brebis et de la Briantais parce que le marnage y est le plus grand d’Europe, avec 13,50 m.
Mon édifice intègre aussi une écluse et un barrage mobile de six vannes, qui laisse passer les poissons et la poignée de dauphins peuplant mon estuaire.
En aval, la mer est émeraude, en amont la rivière est rance, la pauvrette.
Je suis, je suis….












