Convoyage à bord d'un Class40
- PB
- il y a 5 jours
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Quelle expérience de participer au convoyage d’un Class40 pour le départ de la Drheam Cup à Cherbourg ce dimanche. Partis de la Trinité-sur-Mer en début de soirée, nous avons mis 40 heures pour parcourir environ 350 milles.
A bord, mon voileux de mari (trop chouette) et Gwenc'hlan Catherine, un amateur très très éclairé. Il a replongé pour deux saisons 20 ans après avoir participé aux premières années de la Class40, en 2006 et 2008, incluant la Route du Rhum et la transat Quebec Saint Malo.
En 20 ans, 214 unités ont été construites et notre Max40 de 2021 porte le numéro 162. Pour schématiser, cette bête de course de 40 pieds (12,18 m) est un petit Imoca (18 m) sans foils, ni quille basculante, ni carbone.
Naviguer à la vitesse du vent
Oubliez donc toute notion de confort : pas de cabine, pas de cuisine, pas de toilettes, juste un énorme espace vide à l'intérieur pour un minimum de poids (4,5 tonnes). En contrepartie, la performance est stupéfiante. Le bateau très toilé (203 m2 de spi asymétrique) est puissant et navigue quasiment à la vitesse du vent. Le manoeuvrer ne s’improvise donc pas…
Nous avons eu un temps de demoiselles, 8 à 15 nœuds et avalé les milles sous pilote auto, comme en course : sous J1 au près en bords directs pour l’essentiel puis bon plein travers sous gennaker au sortir des abers et enfin sous spi de Guernesey jusque dans l’avant-port de Cherbourg.
J’ai adoré voir défiler les phares de la pointe bretonne, passer tout près de Sein, mesurer la puissance du courant du Raz Blanchard, admirer la lune et le soleil se lever puis disparaître, tirer un peu sur les bouts et barrer au départ.
L'un des 38 concurrents de la Class40
Pendant les premières heures, j’ai aussi touché du bout du doigt la dureté de ces bateaux, qui mouillent et cognent fort dans la vague avec un bruit d’enfer, rendant le sommeil difficile.
La météo clémente nous a privés de surfs jouissifs à plus de 20 nœuds mais épargné de planter des pieux dans une mer hachée. Je n’ai pas de regret et mesure encore mieux l’exploit physique de ces coureurs au large qui naviguent à bord des jours durant.
Gwenc’hlan est l’un des 38 concurrents de la Drheam Cuo en Class40, dont une bonne partie sont des marins pros participant à toutes les courses de ce circuit très relevé. Il aura 1000 milles à parcourir jusqu’à Lorient en passant par le Fastnet. Merci encore et bonne course !
Quelques images en musique comme si vous y étiez.
